« La liberté motrice consiste à laisser libre cours à tous les mouvements spontanés de l’enfant, sans lui enseigner quelque mouvement que ce soit. » Emmi Pikler

Un peu d’histoire :

Le concept de motricité libre a été développé par Emi Pikler, pédiatre hongroise dans les années 60. Forte de sa formation en clinique et de sa propre expérience de mère, Emi va voir grandir la conviction que le nourrisson n’a pas besoin de l’intervention d’un adulte dans son développement moteur. Conviction qui grandira en observant les familles qu’elle suit en tant que pédiatre de famille et à qui elle prodigue ses conseils.
Par la suite, nommée responsable d’une pouponnière, elle va mettre en place un gigantesque travail méthodologique sur plus de 700 enfants laissés libres de leurs mouvements.
Ses résultats tendent à montrer que lorsqu’on laisse l’enfant se mouvoir librement et à son propre rythme, celui-ci acquiert son développement moteur tout à fait naturellement et dans un ordre bien précis.
On peut retrouver le compte-rendu de ses travaux dans son livre « Se mouvoir en liberté dès le premier âge »

Aujourd’hui ces travaux sont reconnus et acceptés par un grand nombre de professionnels de santé et de la petite enfance, la motricité libre est de plus en plus pratiquée dans les lieux d’accueil des tout-petits, crèches et halte-garderie

Les pré-requis : un environnement adapté  et sécurisant :

  •  Une bonne sécurité affective et une relation harmonieuse avec les adultes responsables de l’enfant. La motricité libre ne signifie pas ne pas s’occuper de l’enfant, au contraire c’est un accompagnement tendre et respectueux du développement propre du bébé.
  • Un environnement adapté : qui se résume en « ni trop, ni trop peu ». Un espace assez grand pour que l’enfant soit libre de ses mouvements mais pas trop pour ne pas qu’il s’y sente perdu, quelques jouets adaptés à son âge pour attiser sa curiosité, un support ni trop dur (pas confortable) ni trop mou (entrave la mobilité) et des vêtements confortables, pas trop serrés, des chaussettes ou chaussons souples laissant toute leur mobilité aux pieds.
  • Une relation chaleureuse et bienveillante avec la personne qui s’occupe des soins au nourrisson, afin d’éviter de « crisper » l’enfant par des manières trop brusques de le porter, le changer, etc… (je vous ferais bientôt un article sur l’haptonomie qui a beaucoup à nous apprendre dans la manière de toucher un enfant)

Voici quelques conseils pour mettre en place cette initiative à la maison.

Les premiers mois : Il faut porter son bébé en position fœtale, en enroulant son bassin. Cela recréé la posture qu’il avait dans le ventre de sa mère, va l’aider à l’acquérir et donc à passer avec aisance les différentes étapes du développement moteur et psychomoteur (de la position allongée sur le dos à la position retournée sur le ventre, puis la position assise, puis debout…). Il dort également beaucoup et passera le plus clair de son temps dans son transat ou dans son lit.

Dès 3/4 mois : votre enfant fait preuve de curiosité ? Vous pouvez l’installer au sol, sur un tapis plutôt ferme (le tapis d’éveil en simple tissu glisse sous les pieds et ne permet pas de prendre un appui ferme) et positionner les jouets en arc de cercle au-dessus de sa tête. Dès que votre enfant en aura les capacités il essaiera de les attraper et donc pourra suivre le mouvement de son bassin et se retourner.

Une fois qu’il sait se retourner et qu’il se déplace : offrez-lui un peu de liberté et laissez-le se déplacer pour aller explorer l’environnement qui l’entoure et découvrir de nouvelles textures, de nouveaux jouets… C’est en expérimentant de nouveaux jeux qu’il apprend et donc développe ses capacités psychomotrices.

Une fois qu’il rampe ou se déplace à 4 pattes : n’hésitez pas à mettre dans son environnement et sur son parcours des obstacles : cartons à écarter de leur chemin, tunnel, ballons etc. Il pourra ainsi tester tous ces nouveaux déplacements et ses différentes capacités.

Il se met debout et cherche à marcher : chaque meuble devient un support pour s’appuyer. Laissez-le se déplacer, s’appuyer sur le canapé et les meubles. N’hésitez pas à investir dans les trotteurs-pousseurs, draisiennes, poussettes en jouets, chaises pour enfant… cela renforcera son équilibre avant de se lancer vers la marche sans appui.

A l’inverse, attention, le trotteur type youpala est fortement déconseillé : il représente un vrai danger pour la sécurité physique de l’enfant et pour son développement. Ce type de trotteur est par exemple interdit au Canada. Il n’est pas stable, il entrave ses mouvements et peut se renverser facilement.

Et n’oubliez pas, votre regard bienveillant, votre confiance et tout l’amour donné à votre bébé permettront de lui donner la force nécessaire pour franchir chaque étape tout au long de sa vie !

 

 

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